L’idée d’aller poser quelques coinceurs dans une voie historique des Calanques commençait à me trotter un peu trop dans la tête… Mathis est venu exprès dans le sud pour faire des belles voies, (on a bien commencé hier par une voie pas trop moche !) alors direction les « Futurs croulants » à la Calanque de l’Oule ! La météo n’annonce pas très beau, on hésite un peu à y aller, parce que j’aime bien grimper au soleil surtout dans une voie avec une telle vue ! Mais bon on décide d’y aller quand même parce qu’on sait que la météo du sud c’est aussi imprévisible que l’heure de l’apéro, et au pire ça fera une hivernale !
On part donc de Cassis bien couverts, les coinceurs en bandoulière. « Euh Mathis tu fais quoi avec tes grosses t’as cru que la prochaine ère glaciaire était déjà là ? » Juste un p’tit problème de chaussures d’approche, du coup j’ai l’impression de marcher avec Tonton Gaston. Après une petite rando sympa on retrouve le refuge Azéma, on planque les affaires (et les grosses Sportiva jaunes fluo !) et on saute dans les rappels. « P’tain ça caille et en plus ça souffle, ça caille encore plus ! ».

L1, 5b tout roond
Bien calés sur la plateforme de départ, je donne les coinceurs à Mathis, c’est parti ! La première longueur attaque gentiment et rejoint un peu sur la droite une très belle cheminée où on grimpe en opposition… face à la mer ! Au final, malgré ce qu’on a pu lire dans les topos, en cherchant bien Mathis a trouvé pas mal d’emplacements de coinceurs (+ 3 spits dans la longueur). Je retrouve mon premier de cordée au relais avec la banane, on est au soleil !

R1, pas pire la vue
Après quelques photos parce que c’est quand même beau, je prends le matos et me lance dans la deuxième longueur, courte mais sympa, je mettrai juste un n°3 au-dessus du relais pour protéger le passage du bombé, après c’est rando !

L2 5b
Pour la longueur qui suit, 2 possibilités s’offrent à nous : un passage dans un boyau à l’intérieur de la falaise ou bien une longueur classique sur des bonnes prises rondes : on se retourne et on voit le soleil, c’est vite vu ! La spéléo ça sera une autre fois. La troisième longueur attaque dans des fissures assez raides et bien protégeables (+ 1 spit), et sort dans une dalle un peu fine (1 spit), le relais est sous le gros surplomb.

L3 5b/c rigolo
Je m’engage dans la longueur suivante (j’ai bien failli tomber la chemise !), elle commence par de la dalle un peu fine et patinée, mais équipée, et traverse complètement à gauche sur une grosse strate avant de finir par un petit surplomb (1 spit) avec des prises un peu rondes. On commence à prendre de la hauteur, du gaz, la vue sur En Vau et Canaille mais aussi les nuages qui vont venir un peu voiler la traversée mythique du surplomb de la sixième longueur… Enfin bon c’est toujours moi qui rend tout le monde fada à vouloir grimper au soleil tout le temps, il fait quand même pas si mauvais… !

L4 6a+, belle longueur, belle ambiance
C’est donc parti pour LA longueur tant attendue. « Tiens, y’a encore les coins de bois de l’époque ! » Je mets un premier friend (n°1 rouge) juste après le relais, je continue à traverser sur des bacs, je mets un vert (n°0.75) histoire de, je regarde un peu sous mes pieds et autour de moi, waouh que c’est vraiment cool ! Je bascule ensuite derrière le surplomb (1 spit) et je traverse encore 2m à droite (crux ? + 1 spit). S’en suit une très belle fissure franche en dülfer qui se protège trèèès bien avant d’arriver à la terrasse où se trouve le relais. Mathis me rejoint avec des étoiles dans les yeux : « Mais c’est énoooorme ! Je crois que je vais déménager… ».


Il commence à faire bien couvert et le vent se lève, heureusement il reste qu’une longueur. Je pars dans la « sortie directe » en 6a sur le topo, une large fissure qui permet de frôler le surplomb sommital et de sortir au sommet. Je mets un gros friend en bas (n°4 gris), on l’aura bien trimballé celui-là ! Je bascule derrière le surplomb en me coinçant un peu (1 pas, 1 spit), je monte en opposition sur quelques mètres et je gagne le sommet par des gradins faciles.

L6, 6a
On plie les cordes, on récupère les affaires et surtout les pizzas qui nous attendent dans les sacs et on va grignoter tout ça au chaud dans l’abri Azéma. Une bien belle journée s’achève…
Topo, infos, matos & condis
La voie a été déséquipée il y a quelques années, et rééquipée partiellement avec des goujons inox aux relais et dans les longueurs où c’est difficilement protégeable, en moyenne 2-3 points par longueur. La voie se protège assez bien sur friends, Mathis a aussi mis 2-3 cablés moyens. On avait un jeu de friends jusqu’au 4 avec quelques Totems et un jeu de cablés. Au final, on en a pas posé tant, même si en cherchant bien on peut vraiment très bien protéger. Globalement, les cotations ne sont pas très méchantes j’ai trouvé, par rapport à d’autres voies des Calanques de la même époque, et tous les pas durs sont protégés par des spits. Peut-être aussi qu’on avait les conditions parfaites pour ne pas trop ressentir la patine (soleil plus ou moins voilé, brise d’Est, températures fraiches). Au final, on a trouvé que la dernière longueur était la plus obligatoire, peut-être qu’un numéro 4 ou 5 aurait pu protéger le crux entre les 2 spits, mais bon ça passe pas si mal. Les autres variantes de sorties ne nous ont pas trop inspiré, j’ai été attiré par cette large fissure et ça vaut le coup pour parfaire sa technique de grimpe oldschool !